Estefania Penafiel Loaiza, solo show « A rebours »

Estefania Penafiel Loaiza
A rebours
Exposition personnelle
Frac franche-comté
Besançon, France.
28 mai – 18 septembre 2016

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Commissariat : Sylvie Zavatta

Présentation de l’exposition :

« Les notions de mémoire et d’oubli, d’apparition et de disparition sont récurrentes dans le travail d’Estefanía Peñafiel Loaiza comme en témoigne oeuvreuses, qui sera inaugurée au même moment, une proposition de l’artiste pour une commande publique à Chalezeule – commune située à proximité de Besançon – visant à rendre hommage aux femmes que l’histoire oublie toujours à l’issue des conflits.

à rebours, son exposition au Frac, rassemblera notamment, au côté de l’oeuvre acquise par le Frac (cartographies 1. la crise de la dimension, 2010), une importante installation intitulée sans titre (figurants) commencée par l’artiste en 2009 et la vidéo compte à rebours (2005-2013).

sans titre (figurants) se compose de pages de journaux sur lesquelles l’artiste a gommé des silhouettes – celles de figurants de scène médiatiques qui n’en sont par nature ni le sujet ni l’objet. Ne demeure sur la page que leur silhouette fantomatique, leur aura. A proximité, des fioles numérotées à l’esthétique clinique conservent le résidu ou le précipité de chacun de ses gommages, comme la substantifique moelle de ces êtres sans consistance. Elles constituent une communauté, une émouvante foule d’anonymes. L’artiste joue ici du paradoxe pour conférer une identité à ces figurants, fut-elle numérique : c’est en effaçant l’image de ces humains « en marge », sur laquelle notre regard glisse d’ordinaire, qu’Estefanía leur redonne en creux une corporéité. C’est en les faisant disparaître qu’elle les révèle.

La vidéo intitulée compte à rebours est le fruit d’une captation qui s’est déroulée sur huit années. L’artiste a enregistré dans différents lieux le long et laborieux processus d’apprentissage tendant à maîtriser la lecture à l’envers des différentes Constitutions de l’Équateur, son pays d’origine. Le film d’une durée de 76 heures est à son tour diffusé à l’envers. Le spectateur assiste ainsi à une sorte de régression de l’oralité puisque le texte parfaitement compréhensible au début devient inintelligible au fur et à mesure que l’on avance (ou en réalité recule) dans le temps.

En s’attelant à l’improbable entreprise de donner corps et identité aux oubliés et aux insignifiants, en tentant d’inverser le cours du temps à des fins mémorielles, l’œuvre d’Estefanía Peñafiel Loaiza est à la fois universelle et empathique ».

Sylvie Zavatta, Commissaire de l’exposition



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