Floris Dutoit

« Je collectionne des images qui passent ensuite par une pratique de la transformation numérique ou du collage. Les zoom-in et les modifications entraînent la perte du motif original comme un système digestif d’images. Ce que je fuis le plus, c’est l’ennui et l’indifférence. C’est la raison pour laquelle je n’hésite pas à être excessif, décrire des références peu recommandables, déplaisantes, et même scatologiques. Les peintures sont réalisées « d’une seule traite » je ne reviens pas sur le motif si la peinture ne fonctionne pas, je la recouvre, ses couches font alors partie de sa texture. Du plaisir de voir découle mon besoin de peindre. L’univers quotidien de mes peintures provient du trop-plein d’images bon marché et jetables. Ces images, créées pour être détruites, trouvent leurs longévités dans mes peintures. Ma méthodologie de manipulation des images et de dessin en permanence dans tout lieu et à toute heure fait que quand j’arrive à l’atelier, je n’ai plus qu’à peindre ce que j’ai trouvé. J’interroge la signification sociale des images et leur rôle en tant qu’outils du pouvoir discret qui se manifestent à travers les médias et le divertissement. Je cherche un moyen de sortir de l’hégémonie culturelle des images de tous les jours. La langue vernaculaire et le kitsch, les formats sur packaging ou sur toile de lin sont mélangés pour ne laisser aucune place aux hiérarchies.

RÉSIDENCE

Février - avril 2020